Alter-conso : du champ local à l’assiette responsable
Source : Rhône-AlpeSolidaires
Fruits et légumes, produits laitiers, viande, charcuterie sèche et fraîche, vin, bière… autant de produits que les consommateurs lyonnais peuvent trouver chaque semaine dans leur panier Alter-conso. Cette association a été créée en janvier 2006 pour promouvoir une consommation responsable en dehors des grands circuits de distribution, et renforcer le lien consommateurs responsables et producteurs locaux.
Consommation responsable et production locale de qualité
« Je cherchais une structure de consommation citoyenne et un mode alternatif de consommation. S’il existait quelques rares circuits de distribution courts sur Lyon (Amap, Jardins de Cocagne, Côté Jardins…), tous étaient saturés », explique Baptiste Mylondo, un des salariés d’Alter-conso. En créant cette association avec un autre bénévole, il répondait donc à une demande non satisfaite, mais forte. Dès sa création, ce sont ainsi pas moins de 8 lieux qui lui ouvrent leurs portes pour qu’elle puisse distribuer des produits agricoles à quelque… 120 adhérents. Un an plus tard, elle s’appuie sur 14 lieux de distribution, compte 660 adhérents qui consomment les produits d’une cinquantaine de producteurs locaux. Près de 1 800 paniers sont ainsi distribués chaque semaine, plus de 85 000 à l’année ! « Les premiers temps ont été difficiles car nous n’avions aucune expérience et les agriculteurs ne connaissaient pas ce type de circuits courts de distribution. » Il a donc fallu les convaincre.
À l’origine du projet, le réseau de producteurs n’en comptait que 4. Mais il s’est très rapidement étoffé par cooptation essentiellement. La plupart travaillaient pour des circuits de distribution classique : marchés et coopératives agricoles. Plusieurs étaient au bord de la faillite du fait des prix pratiqués. L’association a donc permis qu’ils maintiennent leur activité, qu’ils la développent, voire qu’ils la modifient complètement. Elle cherche aujourd’hui à appuyer l’installation de jeunes producteurs : ils sont déjà 5 à participer au réseau.
Un développement raisonné
Alter-conso s’apprête à passer en Scic pour mieux répondre aux objectifs de développement : elle emploie aujourd’hui 8 salariés à temps partiel, dont 6 étaient des bénévoles des premières heures. « La création d’emploi a bien été envisagée lorsque nous montions l’association, mais ce n’était pas un objectif à tout prix. Alterconso n’a pas été créée pour créer des emplois. Ce n’est qu’une conséquence annexe, précise Baptiste Mylondo. Mais nous avons fait le choix du temps partiels pour partager le temps de travail et l’activité. » Le choix du statut Scic répond à la volonté, énoncée dès la création de l’association, d’être autonome. Si elle a pu bénéficier d’une aide au montage (par l’intermédiaire de la mesure 10 B notamment), elle souhaite aujourd’hui ne plus faire appel au financement public. « Aujourd’hui, nous souhaitons limiter le nombre d’adhérents et plutôt appuyer la création d’autres structures de ce type. C’est une des conditions pour que les lieux de distribution restent des endroits sympathiques ou adhérents et producteurs peuvent échanger. »
Prendre des parts de marché à la grande distribution
Alter-conso est en contact avec d’autres réseaux : les Jardins de Cocagne, les Amap, Côté Jardins… Les connexions se créent. « Nous cherchons à mettre en place ensemble un réseau local de circuits courts pour généraliser ce type de consommation, de production et de diffusion, mais aussi pour mutualiser certains coûts, appuyer les structures en difficulté. En outre, en nous associant et en communiquant sur nos spécificités et notre couverture locale, nous pourrons plus facilement prendre des parts de marché à la grande distribution. » Une association d’adhérents a été créée au sein d’Alterconso qui pourraient s’engager prochainement dans des actions de sensibilisation auprès du grand public.
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