Karapat : la crèche en vadrouille

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En zone rurale, la garde des enfants peut s’avérer problématique, en particulier lorsqu’il ne s’agit que d’un besoin occasionnel ou complémentaire. Pascale Monange, initiatrice de l’association Karapat et de sa crèche itinérante en bus aménagé connaît bien le problème pour en avoir souffert alors qu’elle était en recherche d’emploi avec trois enfants à la maison…

Une idée innovante concrétisée grâce au FSE

Le projet est né d’un constat personnel : maman de trois enfants, au chômage, habitant en milieu rural, les solutions de garde pour se rendre disponible à la recherche d’emploi se réduisent à peau de chagrin. « Je n’arrivais pas à me libérer, se souvient Pascale Monange. La crèche la plus importante à proximité était celle d’Annecy, mais je n’en dépendais pas, et celles des communes environnantes n’avaient pas de place… ». Réalisant qu’elle n’est sans doute pas seule à être confrontée à la carence en matière de garde d’enfants occasionnelle, elle décide de faire une étude de marché. Les premiers contacts sont pris à la Caf, au conseil général qui prêtent certes une oreille attentive mais rien ne se concrétise pour autant. Pascale entend alors parler du Fonds social européen (FSE) et fait une demande de dossier. « J’ai obtenu là une aide précieuse qui m’a permis de me consacrer à l’étude et au montage du projet sereinement durant huit mois. C’est ce qui m’a permis de le formaliser et aussi de me crédibiliser auprès des autres interlocuteurs. »

 

Une crèche clé en main pour les communes
En septembre 2006, l’association Karapat prend la route. Equipée d’un bébé-bus aménagé, cette crèche itinérante désert cinq communes, cinq jours par semaine, soit une commune différente chaque jour sur des journées complètes, de 8h30 à 16h30. Un service appréciable tant pour les communes qui ne sont pas en mesure de le proposer pour des raisons de coût, que pour les parents qui trouvent une solution de garde complémentaire ou pour des besoins occasionnels. « Les parents qui travaillent ont une solution fixe, par le biais d’une nourrice ou d’une crèche ». « Nous avons un agrément pour 17 enfants et sommes souvent autour de 85 % des capacités d’accueil. On peut dire que ça marche bien. ». Dans le bébé-bus, un boxer rallongé, on stocke les repas (fournis par les parents), on les réchauffe dans le coin cuisine, on change les plus petits dans l’espace réservé… Tout y est, y compris 6 couchettes pour la sieste des plus jeunes, de 6 à 18 mois. Les autres dorment dans la salle communale mise à disposition et agréée par la Pmi, souvent la salle polyvalente de la commune. Et pour s’occuper de tout ce petit monde, 4 salariés diplômés à temps plein temps et deux personnes à temps partiel.

 

Anticiper les baisses de financement
Les subventions initiales de la Macif, de la Fondation de France, de la MSA ont permis tous les investissements nécessaires. Aujourd’hui, l’association fonctionne avec une convention Caf, une convention avec chacune des communes, et les prix de journée des parents (différenciés selon les revenus). Mais il s’agit d’anticiper les baisses de financement : dès 2007, le conseil général arrête sa subvention, ce qui ne devrait pas poser trop de problèmes à l’association tant son budget a pu se roder. En revanche, le désengagement de la Caf pourrait s’avérer plus problématique. Ce qui n’empêche pas Pascale Monange d’envisager pour l’avenir de créer une crèche fixe en plus de son bus itinérant… à suivre.

Contact
Karapat - Pascale Monange
Tél. : 04 50 69 79 69
Mél. : pascale.monange@wanadoo.fr

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