Questions à Marie Hélène Gillig, secrétaire générale du CEGES
Source : AlpeSolidaires
La Secrétaire générale du Conseil des entreprises, employeurs et groupements de l’économie sociale (CEGES) nous donne son avis sur les dynamiques locales de l’ESS.
Constatez-vous une dynamique locale de l’économie sociale et solidaires qui traduirait un regain plus général de l’ESS au niveau national ?
C’est principalement l’observation de ce qui se passe dans les territoires qui permet d’avoir aujourd’hui une vision positive de l’évolution de l’économie sociale.
Tout d’abord, les activités de l’ESS bénéficient dans la plupart des régions, d’un regard nouveau : l’ESS est rentrée dans les schémas de développement régionaux ; des élus, le plus souvent vice-présidents, sont en charge du secteur, les financements publics à la création d’activité concernent de la même manière, tous les types d’entreprises, dont les SCIC, SCOP, etc... Dans un nombre significatif de régions. On peut dire que le cadre institutionnel local s’ouvre à l’ESS.
Ensuite, la demande de la population, vers de nouveaux services (services à la personne) pour des modes de production différents, respectueux de l’environnement (Bio), respectueux de la personne, la situation toujours dramatique des personnes exclues, sont à la base d’initiatives nouvelles, soit dans la création d’activités, par le développement d’un existant local, ou la duplication d’expériences réussies ailleurs.
Enfin, dans le secteur des Finances Solidaires, l’évolution dynamique de l’épargne disponible pour soutenir les projets solidaires est très significative.
Il n’est donc pas étonnant que, lorsque ces trois facteurs favorables au développement de l’ESS sont réunies, dans le même temps, sur un même territoire, de nouveaux projets et de nouveaux porteurs de projet soient au rendez-vous avec des ambitions qui sont celle de la réussite et du développement collectifs.
L’ESS s’affiche fortement au niveau territorial, l’identité de ce secteur est-elle plus claire lorsqu’elle s’accroche à un territoire donné ?
Les actions de proximité, développées sur une territoire sont bien entendue repérées, par tous les acteurs, tant publics, que par les usagers, qu’ils soient salariés ou bénéficiaires.
Mais l’identité de l’ESS se perçoit aussi à travers des initiatives qui ont une portée plus générale : l’exemple du commerce équitable est là pour en témoigner. Dans ce secteur, la réussite économique n’est possible que si l’espace de distribution des produits est à minima national.
Dans les cas de l’épargne solidaire, si les utilisations sont très locales, la promotion du secteur se fait à l’échelle de tout le territoire, et la majorité des acteurs ont une vocation nationale.
Est-ce que les manifestations locales, assises, forum de l’ESS, qui permettent de réunir les acteurs locaux de l’économie sociale et solidaire s’inscrivent dans les orientations souhaitées par le Ceges ?
Assises de l’ESS ici, semaine, ou mois de l’ESS ailleurs, Forum des emplois dans l’ESS, etc. Toutes ces manifestations, qui ont pour objet la promotion, la visibilité du secteur sont importantes, et le CEGES ne peut que se réjouir de toutes les initiatives qui fleurissent dans toutes les régions.
Mais, nous aimerions qu’au delà de la promotion, ces rencontres permettent de renforcer chez tous les acteurs, un véritable sentiment d’appartenance à un vaste mouvement qui est celui de l’économie sociale. La volonté commune d’entreprendre autrement devrait nous aider à mieux comprendre que l’extrême diversité de nos entreprises, véritable richesse, doit se conjuguer avec la recherche de plus d’unité dans notre représentation collective, afin d’être reconnus comme des acteurs économiques à part entière.
Sentiment d’appartenance aussi, à un mouvement qui entend proposer des modalités d’organisation socio-économiques privilégiant l’intérêt général par rapport aux intérêts individualistes et corporatistes, qui entend mettre l’homme au coeur de son projet, et qui par ses modes de gestion démocratique entend réhabiliter le rôle des citoyens.
Sentiment d’appartenance, enfin, à un mouvement large et diversifié, qui porte l’ambition de la transformation sociale.



